« Les repas  Ca vaut le coup d'en faire un plat »

 

 

En Vendée. C’était le thème choisi pour la soirée annuelle de formation en novembre 2005. La « prévention-santé » passe aussi par la table.       

 

Un thème alléchant, dégusté à petites doses par les 26 présents qui ont commencé par entendre des témoignages :

 

-Marie‑Rose, (les prénoms ont été changés)

Religieuse a partagé  sur la manière de confectionner les repas. Dans cette petite communauté  c’est chacune à tour de rôle. Cela suscite l’émulation et la créativité.

 A table nous échangeons sur les préoccupations ou les évènements du moment.

Pas de télé pendant les repas. Pour marquer le dimanche nous déjeunons à la salle à manger

Le dimanche soir, présentation des projets de la semaine. Nous sommes  aussi en convivialité avec le voisinage avec des possibilités d’inviter à notre table.

 

Bernard  prêtre coopérateur, participe à deux « popotes » sur deux doyennés différents.

Dans chacune de ces deux popotes les repas sont  préparés par une employée qui dans l’un des presbytères  partage avec les prêtres au nombre de 5 ou 6 en général.

Le  déplacement est onéreux en kilomètres et en temps, mais c’est important de rencontrer des confrères.  L’économe diocésain  réfléchit à la prise en charge de ces déplacements: soit une part / paroisse ou 1 part /doyenné ou 1 part /diocèse). 

On marque les fêtes et anniversaires mais au quotidien, il arrive que des ténors donnent le ton au dépends des plus silencieux.

Bernard prend son repas seul, le soir, à partir du congélateur.  Il écoute alors une radio d’information. Il a fait le choix de ne pas avoir de télé.

Remarque : quand on mange seul, on a tendance à manger très vite.

 

Dans la popote de Joseph, curé‑doyenné, il y a 6 convives au moins le midi. Les conversations sont variées et enrichissantes.  On marque aussi les fêtes, les anniversaires. On ne parle pas trop « boulot ». On invite volontiers des personnnes extérieures.

 

Henri, est vicaire-coopérateur. L’employée qui préparait les repas depuis de nombreuses années a été  licenciée dans l’été 2005 pour cause financière. Désormais nous commandons nos repas à une société de restauration. Inconvénient : il faut indiquer le nombre de repas une semaine à l’avance. Avantage : Pour les finances, on s'en sort mieux. Et la nourriture est bonne et variée.

 

Albert,  relate comment vit une communauté de prêtres retraités qui en plus sont des religieux.

           

Il leur a demandé de répondre : « que représentent pour vous les repas ? »

 

Le positif  Les repas demeurent un moment convivial où l’on se retrouve tous ensemble, où l’on partage.. ‑. – Ce temps  nous rapproche les uns des autres. –

 

Quelques difficultés ‑ le problème de surdité (la moitié des convives) ‑ l'arthrose ‑ des lenteurs pour se déplacer. –  la prise en compte des « régimes ».

 

A  améliorer ‑ ‑ On aurait besoin de se renouveler dans nos échanges, de plus de nouveauté, d’ouverture sur l'extérieur. –

-S'écouter davantage et respecter la pensée de l'autre : nous n’avons pas tous les mêmes centres d’intérêt.  De plus le rappel du passé risque de prendre une part excessive.

 

Tous acteurs dans une communauté :

 

‑ Quand l’un ou l’autre n’est pas là et qu’il n’a rien dit le groupe s’en ressent. La présence de chacun compte. On va voir dans sa chambre.

‑ Porter un plateau à un malade dans sa chambre, c’est aussi une démarche de convivialité.

 

En Vendée le  conseil presbytéral  a organisé une enquête sur les popotes du clergé »,

.A cette enquête, 25 popotes on répondu ainsi que  8  de prêtres qui mangent seuls. Une proposition de regroupement des popotes serait à l'étude.

 

Une  question demeure. Comment remédier à l’isolement  qui comporte souvent le risque de repas trop rapides et négligés?

 

Une diététicienne du CHD à la Roche sur Yon apporte ensuite quelques observations :

 

Manger c'est un acte de soin, le soin de soi. C’est aussi un acte de plaisir, bien légitime.

Il est indispensable de prendre un repas tranquille par jour: « je fais une pose, je débraye »

 

Pour soigner l’équilibre il  convient d’établir les menus à la semaine – Faire ses courses, ce n’est pas  du temps perdu : contacts, connaissance concrète du prix des denrées, choix personnalisés.

 

Elle met en garde sur les points suivants :

‑ Repas insuffisants, trop rapides, avec des conséquences pour la santé : fatigue.

‑ Attention à l'excès de matière grasse / bannir  le beurre / la charcuterie /fromage.

‑ Pour cuisiner utiliser les huiles végétales plutôt que le beurre.

‑ Attention aux plats cuisinés (ils comportent sel et assaisonnement en surdose).

‑ On ne mange pas assez de poisson, de légumes, de fruits.

 

Des  propositions :

 

    2 Fruits et 3 légumes conviennent par jour‑ Potage, salade en font partie.

   Produits laitiers : 3 Fois par jour ‑ pain à volonté.

   Viande :1 fois par jour est  nécessaire ‑ les oeufs peuvent remplacer.

   Charcuterie, pâtisserie, 1 fois par semaine suffit.

   Eau :1 Litre 1 /2 par jour (café, potage, compris).

   Vin : 1 verre par repas.

   Fromage et laitage peuvent remplacer en partie la viande.

 

N B. Congélateur et  micro‑onde  ont apporté confort et sécurité dans les cuisines.

Soigner le petit déjeuner : qu’il soit complet.

Manger avec d'autres, une fois par jour.

 

Les employées de popotes, quand il y en a, ont des lieux pour se former professionnellement. Mais peut-être aimeraient-elles se rencontrer, pour un échange d’expériences et se communiquer des savoir-faire. Nous cherchons le moyen de leur demander ce qu’elles en pensent.