A  GErard Cruz-Mermy

 

 

Notre section de l'Allier a été durement éprouvée avec la mort, assez rapide, après quelques jours d'hospitalisation, le 8 mars, de Gérard CRUZ-MERMY, âgé de 73 ans. Depuis longtemps il se savait en sursis. Il habitait MOULINS et il était correspondant de l'APSECC depuis Mars 2000.

 

Après quelques années en paroisse au Mayet de Mon­tagne et à Saint Pourçain sur Sioule, il a exercé la plus grande partie de son ministère comme prêtre ouvrier à l'usine Dunlop à Montluçon puis, après les licen­ciements de 1984, à Thiez près de Cluses en Savoie son pays d'origine. De retour dans l'Allier, au moment de la retraite profes­sionnelle, jusqu'au bout de ses forces il a donné du temps aux prud'hommes, à la prison, auprès des malades, des maisons de per­sonnes âgées et des prisonniers. C'est ainsi qu'il s'est efforcé toute sa vie, par un ministère spécifique, de mettre l'Evangile à la portée des gens de condition modeste, des petits et de ceux qui ne comp­tent pas dans la société. Il avait une forte conscience du collectif. Lucide sur ses limites il n'aimait pas qu'on ramène les choses à lui. Il n'aimait pas qu'on parle de lui. Il a souhaité que ses obsèques soient vécues dans le pro­longement de l'engagement de ce ministère. Après une célébration à la chapelle de l'hôpital, présidée par la responsable de l'aumônerie, l'Eucharistie présidée par Mgr Ro­land a été célébrée le dimanche suivant à la chapelle de Nazareth aux Champins où il célébrait sou­vent le dimanche, habitant sur ce quartier. Au moment de ses obsè­ques, nous étions accueillis par ces mots : « Aujourd'hui dans une forte communion de cœur et de foi, Gérard nous réunit. Mais au-delà de lui, c'est celui qu'il a voulu servir au milieu des hommes, Le Christ, qui nous rassemble. Nous sommes là tous ensemble : mem­bres de sa famille, anciens copains de boulot, collègues prêtres, amis et voisins, résidents des Magno­lias... Que nous soyons ainsi ensemble, dans cette chapelle de l'hôpital, pour une cérémonie « sans faste ni éclat », c'est ce qu'a voulu Gérard lui-même quand il envisageait son retour à la maison du Père. A la fois cela n'est pas habituel, mais le connaissant, nous ne sommes pas franchement surpris. Son désir était que soit fait pour lui-même ce qui est fait pour tant d'autres, dans cette chapelle. Il a connu ce lieu d'hôpital d'une part en tant que malade lui-même d'autre part par tous les services qu'il a pu rendre par son minis­tère de prêtre, allant bien au-delà de ses forces physiques, mais tou­jours disponible pour le faire... Que nous ayons dit « oui » à son invitation, à une telle invitation, ne peut que nous faire grandir dans notre fraternité avec Gérard, une fraternité telle qu'il l'envisageait. Que notre recueillement, notre prière nous permettent de nous tourner vers le Christ, Lui qui, dans sa Pâques, est désormais pour tous les hommes, « l'Aîné d'une multitude de frères »

 

Maurice THEVENET et  M. Saint Gerand