« Un voyage intérieur dans l'Eglise » : Ça bouge en Meuse !

 

Des le printemps 2007, l'APSECC de Meuse avait proposé au Service de la formation chrétienne des adultes d'intégrer le livre « un voyage intérieur dans l'Eglise » dans le programme de la formation permanente de l'année 2007-2008.

Les responsables, Jean-Louis Biaise, vicaire général et Bernadette Carenzini, coordinatrice en formation, ont accueilli la proposition avec beaucoup d'intérêt et c'est ainsi qu'ont été programmées deux rencontres sur le thème de « La vie quotidienne des prêtres, religieux, religieuses et ses enjeux ecclésiaux » : rencontres proposées aux prêtres, diacres, religieux et religieuses, mais également aux laïcs ayant une lettre de mission dans le diocèse (30 actuellement) et réparties en deux temps :

-          une approche sociologique avec François Boursier, le 29 Novembre 2007

-          une approche théologique, le 3 1 Janvier 2008 avec le Père Laurent Villemin, enseignant à la Faculté de Théologie de l'Institut Catholique de Paris, originaire du diocèse.

 

ECHOS DE LA RENCONTRE DU 30 NOVEMBRE

L objectif fixé était de réagir aux points de débat soulevés par l'enquête et aux solutions qu'elle préconise.

Nous étions quarante-sept, 23 laïcs et religieuses et 24 prêtres, réunis à Benoîte Vaux, pour une journée riche, où se sont alternées les interventions de François Boursier et les prises de parole des participants, dans un climat fraternel et convivial..

Une brève introduction par Michel Simonin, membre du ÇA de l'APSECC, situait l'origine de cette enquête qui a abouti au livre blanc

La présentation du livre par François Boursier a été appréciée pour sa rigueur et son réalisme chaleureux, qui ouvrait de bonnes pistes de réflexion et de « conversions » pour une vie plus équilibrée.

 

Des groupes se sont constitués autour des préconisations :

Les participants de chaque groupe ont été invités, à partir de l'une ou l'autre préconisation, à réagir et réaffirmer des convictions, pour aboutir soit à une piste pour agir, ou une action à mener, ou un point à débattre. Le groupe était aussi invité à préciser qui en portait l'engagement ou la mise en œuvre !

Quels fruits de ce travail en groupe ?

Le groupe sur « la vie religieuse » s'est surtout arrêté à la capacité à grandir en liberté, à faire des choix et à oser s'exprimer et prendre position dans tous les aspects de la vie, qu'il s'agisse de ce qu'on a appelé une « pauvreté confortable » ou des relations entre les sœurs, avec les collaborateurs de la mission ou avec les supérieures.

« II nous revient de mettre cela en œuvre » ont-elle clairement affirmé !

Et le repos ? Qu'il soit hebdomadaire, annuel ou « sabbatique », le repos dépend de la volonté de le programmer. Il dépend aussi de l'existence de bonnes relations, de possibilités matérielles (coût) . La décision revient à la personne, mais s'appuie aussi sur le droit canon qui prévoit un mois de congé annuel et une retraite spirituelle, sur les encouragements de l'évêque et de ses conseils, du Peuple de Dieu et du réseau de fraternité presbytérale.

a                   Le groupe « ouverture aux ministères ordonnés » a réaffirmé l'importance, dans la

complémentarité, de tous les acteurs de la mission de l'Eglise (prêtres, laïcs, consacrés) ; II était enrichi par la présence de prêtres venus du Burkina Faso et de la CentrAfrique.

Il a aussi soulevé une question: l'appel aux ministères : pour quoi et comment ? Pour qui ?

Ceux qui ont repris la question des finances ont souhaité une revalorisation de l'indemnité kilométrique et ont rappelé, avec réalisme, la nécessité pour les prêtres d 'avoir fait leur testament.

Quant à la formation permanente : personne ne doute de son importance. Mais comment en donner le goût et le désir ? Des initiatives peuvent mettre dans une dynamique de formation.

Le programme dépend des besoins du diocèse, en particulier d'un profil plus « managérial » du prêtre face aux tâches d 'aujourd'hui. Il dépend aussi de l'âge des personnes concernées. A partir du synode, se préciseront peut-être des éléments pour déterminer des besoins et des axes de formation dans le diocèse.

 

Un moyen de se former au quotidien : lire une revue, un journal comme La Croix.

Le groupe concerné par la question de la retraite, a confirmé la nécessité de s'arrêter à 75 ans. Il suggère des rencontres pour les prêtres qui en sont proches pour préparer le lieu et les activités encore possibles une fois retraités.

La vie d'équipe est indispensable, pour mûrir une décision, pour favoriser les rencontres prêtres-laïcs qui manquent à certains endroits... la distance pour se retrouver n'est-elle pas parfois un alibi ?

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L'ensemble semble bien gérer sa santé, même si la question du surmenage se pose ; Le groupe a également demandé que l'on continue de faire de la formation et de l'information sur les droits en ce qui concerne la santé (présence d'une aide-ménagère par exemple). Le passage du DLPS près des personnes malades permet de lui demander des conseils. Et d'une manière générale, l'amitié et la possibilité de parler sont indispensables.

La vie affective reste parfois un sujet tabou. La formation des plus anciens situait le célibat comme une discipline.

Or, il est indispensable d'avoir des amis. Il nous faut regarder ce problème, la solitude des célibataires et chercher comment trouver une parole d'espoir.

Pour terminer la journée, François Boursier a repris quelques points qui donnent une clef de lecture sur ce qui passe en même temps dans le monde et dans l'Eglise (et comment l'Eglise, dont c'est la vocation d'être présente au monde échapperait-elle aux problématiques de la société actuelle ?)

Toutes les institutions vivent la même crise. Le livre blanc joue son rôle et met les problèmes sur la table : Trajectoires individuelles et individualisées, pertes du sens du collectif et de la médiation, sentiment de perte et travail de reformulation, d'expérimentation sur une autre manière d'être prêtre, décrochage sur ce qu'est l'Eglise et les représentations qu'a la société française dans sa tête (images vieilles de 50 ans !).

la dimension spirituelle est réaffirmée par une majorité de réponses   et d'expériences partagées dans ce livre qui permet une parole et une information à tous les niveaux afin que tous , nous continuions a répondre à notre mission dans le monde tel qu'il est.. Rendez-vous est pris pour le 31 Janvier avec Laurent Villemin.