De
l'EQUILIBRE de VIE… des prêtres et des autres.
Mardi 27 Novembre 2007, 20 heures 30, 15 personnes de la Paroisse saint Guillaume de FECAMP sont réunies dans la grande salle de l'OASIS, un foyer féminin, dirigé par des Sœurs de saint VINCENT de Paul. Les invitations se sont faites par le bouche-à-oreille, afin d'éviter d'éventuels perturbateurs. Olivier, le curé (55 ans) préside la soirée. J'y suis aussi, puisque j'assure des services pastoraux à cette paroisse. Age moyen des 15 présents : plus de 50 ans. Tous actifs dans la vie paroissiale. 10 exemplaires du Livre blanc ont été vendus avant la réunion : "J'ai lu le livre. Pas marrant ! Il y a de quoi nous décourager !" - "Ce qui y est dit m'a reporté cinquante ans en arrière".
Olivier
ouvre la soirée. Je poursuis en présentant l'APSECC d'abord, puis les questions
de l'enquête préalable.
Olivier
dit son sentiment sur le Livre. Il comprend la pertinence des témoignages
rapportés, même s'il ne partage pas les expériences citées. Il dit avoir la
chance de pouvoir compter sur un nombre important de laïcs, qui partagent avec
lui les responsabilités pastorales. Il nous dit que le fait d'habiter le
presbytère proche de l'église lui pèse parfois. Il trouve l'évêque assez
lointain, tout en reconnaissant qu'il est plein de bonne volonté.
Les
personnes présentes interviennent alors : "Dans le fond, les prêtres
sont comme nous. Ils vivent les mêmes réalités. Ils connaissent, comme nous,
des moments de passage à vide" – "Ce qui est dit de
certaines nominations de prêtres, je le
compare à ce que j'ai vécu comme gendarme : on ne nous demandait pas si ça nous
plaisait d'aller ici ou là. On nous y envoyait, et il n'y avait qu'à obéir"
- "A la lecture du Livre, mais aussi d'après mon expérience, je
remarque que les prêtres sont assez méchants les uns vis-à-vis des autres
!" – "Il est dommage que la plupart des prêtres n'aient pas
d'engagement à l'extérieur de l'Eglise. Nous autres, diacres, avons une autre
expérience, puisque nous avons une vie professionnelle".
Peu
de choses à rapporter de l'échange à partir des préconisations du Livre.
Impression que les laïcs connaissent assez peu la réalité de la vie des prêtres
qu'ils côtoient chaque jour. Impression aussi que, si on avait fait la même
réunion à partir de leur expérience de vie personnelle, on aurait dit en gros
les mêmes choses.
Vers
la fin de la réunion, la religieuse présente (Fille de saint VINCENT de Paul)
prend la parole pour dire qu'elle est totalement étrangère à ce qui est dit
dans ce Livre. Elle a fait vœu de pauvreté. Il est donc normal qu'elle ne
reçoive rien sur son compte personnel, et elle ne revendique rien. Elle ne
prend jamais de vacances, et s'en trouve bien. Tout cela est, dit-elle, dans la
ligne de son engagement.
Un
des présents demande ce que les laïcs peuvent faire. Une espèce de consensus se
dégage en faveur de la mise en place de célébrations sans prêtres, pour ouvrir
l'avenir…
Une
soirée calme. Qu'il fallait organiser. D'où il sortira peut-être quelque chose.
Qui vaudrait la peine d'être comparée à d'autres… dont il ne faut pas craindre
de prendre l'initiative.
Jean-Paul BOULAND