ESSAI D'ARGUMENTAIRE
CONCERNANT
LA FRANCHISE
POUR
FINANCER LA RECHERCHE SANTE
31 Juillet 2007 : le président
de la République, à l'occasion d'un déplacement à DAX, consacré à la dépendance et à la maladie d'Alzheimer, annonce
la mise en place en 2008 d' « UNE
FRANCHISE
DES DEPENSES DE SANTE NE DEPASSANT PAS 50 EUROS PAR AN ».
- Le BUT de
cette FRANCHISE : Financer des « BESOINS NOUVEAUX » dans le domaine de la maladie d'Alzheimer, du cancer et des soins
palliatifs.
1- Comment sera assuré le financement de cette FRANCHISE
:
- Un
FORFAIT de 0,50 € par boîte de médicaments.
- Un FORFAIT de 0,50 € par acte
paramédical : actes effectués par un kinésithérapeute ou une infirmière.
- Un FORFAIT de 2 € pour chaque transport sanitaire, par exemple, pour
l'acheminement à l'hôpital dans une ambulance.
2- QUI VA
FINANCER ?
Chaque
patient, sauf les femmes enceintes, les bénéficiaires de la Couverture Médicale
Universelle,
les enfants, les titulaires de l'Aide Médicale
d'Etat ( A.M.E.), soit 10 millions de personnes.
3- Les
Complémentaires Santé rembourseront-elles les
sommes supplémentaires versées par les patients ?
RIEN n'est
actuellement défini.
La Ministre
de la Santé a cependant déclaré : « Les Mutuelles ont la possibilité - c'est
la loi de la concurrence - de proposer à
leurs adhérents ce qu'elles veulent. » Tout en
précisant que « cette prise en charge
sera limitée par un mécanisme de « contrat responsable ».
De quoi
s'agit-il ? « Le contrat responsable » exige que les mutuelles ne remboursent
pas les pénalités, en cas de non respect du « parcours de soins » : par exemple
: la consultation d'un spécialiste sans passer par le
médecin généraliste. Ne peuvent être remboursés la majoration de 10% du ticket modérateur, les dépassements d'honoraires
et le forfait de 1 euro instauré en 2006 sur les consultations médicales. Souscrire des « contrats responsables »
permettant de bénéficier d'exonérations
fiscales et sociales, quelle sera la position des mutuelles ?
La
Ministre de la Santé ne manque pas d'apporter un commentaire : « Les
Français participent au financement de traitements contre une maladie qui
touche une famille sur quatre et seront amenés à réfléchir à leur consommation de médicaments.
»
4-
FRANCHISE ou FRANCHISES ?
Tout
au long de la campagne présidentielle, il en a été question. Mais celles-ci devaient porter sur
les premiers euros de dépense de santé.
Quatre FRANCHISES
pouvaient être mises en place, se montant à 10 euros chacune :
- Sur les
CONSULTATIONS
-
Sur les MEDICAMENTS
- Sur les ANALYSES de BIOLOGIE
- Sur les HOSPITALISATIONS
CONCLUSION : Avant
d'être remboursé par l'assurance maladie, le patient aurait dû commencer par débourser 40 euros.
Avec l'annonce du 31
Juillet 2007, l'orientation est largement différente. Il n'est plus question de
résorber le déficit de l'Assurance-Maladie,
mais d'investir dans des « besoins nouveaux ». La FRANCHISE présentée , ce 31 Juillet 2007, devrait rapporter à l'Etat
850 millions d'euros.
COMMENT
CETTE ANNONCE EST-ELLE APPRECIEE ?
Pour
Bernard ACCOYER, président du Groupe UMP à l'Assemblée Nationale, « Les
franchises médicales sont une
réponse à la nécessité de trouver sans cesse de nouvelles ressources pour faire
face au vieillissement de
la population. »
François
HOLLANDE, pour le PS, n'y voit « qu'un impôt supplémentaire qui reviendra à
faire payer au plus grand
nombre les cadeaux que le gouvernement a fait aux plus privilégiés dans le paquet fiscal. »
Pour Didier
TABUTEAU, responsable de la chaire santé à Sciences Politiques PARIS, « la
mise en place de ce système pourrait
remettre en question les principes fondateurs de l'assurance maladie, en créant notamment un obstacle dans l'accès aux
soins en dissuadant les ménages aux revenus modestes de consulter ou de se soigner. »
Pour
la CFDT, il s'agit d'une « mesure injuste » qui ne peut être qu'une
menace de « renoncement aux soins ».
Pour
F.O., ce choix politique marque « un désengagement de l'Etat », sans
s'attaquer à des lobbys, tel notamment
celui de l'industrie pharmaceutique.
Pour
la C.G.T., l'instauration d'une nouvelle franchise, « éloignera de l'accès
aux soins une partie encore plus large
des assurés sociaux. »
La
Mutualité Française, par la voix de Jean Pierre DAVANT, son président , demande
que le cancer, la maladie
d'Alzheimer et les soins palliatifs, « qui sont de justes causes, soient
financés par la solidarité
nationale, c'est à dire par l'impôt et non pas les franchises qui pèsent
uniquement sur les malades ».
La
Fédération des Mutuelles de France dénonce, « cette réforme qui vise à faire
de la participation financière
des malades la variable d'ajustement des comptes de l'assurance maladie. » « Le principe de la solidarité nationale, un
des principes fondamentaux de la Sécurité Sociale, est brisé entre les bien portants et les malades,
puisque ce sont ces derniers qui, une fois de plus, doivent payer », regrette pour sa part l'Union
Nationale des Associations Familiales ( U N A F ), laquelle s'interroge : « Comment va-t-on
faire pour distinguer ce qui est destiné au financement du plan Alzheimer et ce qui sera affecté à la
réduction du déficit de la sécurité sociale ? »
ATTAC
appelle à une « mobilisation citoyenne ». « Plus on rationne les
soins, plus nombreux sont ceux qui attendent de se faire soigner. La pathologie
se développant, les soins coûtent en définitive plus cher Instaurer un système de franchise
est donc un non-sens économique
».